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J4-02 Spécial Vacances : la Grande-Motte

Rédigé par Alexis 2 commentaires

                                 La Grande-Motte

Carte d'identité :

Architecte : Jean Balladur
Années de construction : 1960-1970
Pays : France
Région : Languedoc-Roussillon
Département : Hérault
Arrondissement : Montpellier
Canton : Mauguio
Maire : Stéphane Rossignol
Habitants : Grand-Mottois

Ses origines et son histoire :

Les origines de la Grande-Motte remontent au départ de Saint Louis du port d'Aigues-Mortes en 1248. Aigues-Mortes communiquait avec la mer par un chenal « le canal Vieil » (ancien bras du Rhône). Ce chenal finit par s'ensabler, on décide alors l'ouverture d'un nouveau canal, plus court à travers les étangs, notamment celui situé à l'extrême Est de la Grande-Motte (actuel Ponant). Durant les travaux d'aménagement de la station, on découvrit des vestiges vieux de sept siècles. Cette « base arrière » abritait des caprices maritimes, la flotte de Saint-Louis en partance pour les Croisades.
Au début du siècle dernier, les Montpellierains venaient en calèche, traversant le canal du Rhône par le bac, pour profiter de la grande  beauté de cette côte sauvage, territoire de charme, totalement isolé où le ravitaillement des animaux et des engrais arrivaient par le Canal ou par la mer. Durant la seconde Guerre, les vignes et espaces entre le Grau-du-Roi et Carnon ont été minés par les allemands et rendaient la région impraticable. Le débarquement de l'armée française était initialement prévue à cet endroit, mais faute de port assez grand pour accueillir des navires de guerre, c'est Toulon qui fût préféré par l'état Major.


Au milieu du XIXè siècle la famille montpellieraine des Espous de Paul achète à l'état,  des marais pâtures et dunes, un territoire de plus de 240 hectares lui donnant le nom de la Grande-Motte en référence à une dune plus haute que les autres de 5 mètres environ. L'apparition du phylloxera* déterminera ses propriétaires à planter en cépages greffés français leurs immenses terres sableuses en accomplissant d'énormes travaux de nivellement et de dragage.
*Phylloxera : puceron parasite qui s'attaque au plantes de la vigne non greffés
Acquis en 1920 par M. Grassion-Fredot, la Grande-Motte connut jusqu'en 1940 les nombreux aléas de la viticulture méridionale. A la fin de la guerre et après de longues opérations de déminage le vignoble fut reconstitué jusqu'au terrible gel de 1956. En 1957 le vignoble sinistré fut arraché en vu d'un aménagement touristique du hameau. En 1958 les bâtiments d'exploitations hébergent dans des logements confortables les premiers hôtes français et étrangers et un vaste boisement est réalisé.
Trois ans plus tard, l'état acquière à l'amiable la moitié du domaine de la Grande-Motte et la seconde partie par voie de l'expropriation en 1965. Il devient propriétaire en même temps de 47 hectares de peupliers et de pins,

Entre 1964 et 1965 un travail considérable est effectué :
Développement du réseau routier facilitant du même coup l'accès au village de l'arrière pays, Adduction d'eau, et amélioration du service des eaux usées pour tout le littoral et l’arrière pays. Reboisement de forêts et plantation dans la station. Création d'un port et surélévation du sol de la Grande-Motte de 1 mètre 40 à 2 mètre au dessus de la mer.
En 1963, la démoustication s'intensifie 41 espèces diverses sont recensées dans la région, une lutte contre les adultes (coûteuse et aveugle) est abandonnée au profit d'une lutte antilarvaire. Au lieu de combattre le moustique adulte, sur 300.000 hectares, la lutte antilarvaire ne se pratique que sur moins de 10 000hectares. Les insecticides chlorés sont écarté au profit de composés organiques moins nocifs vis-à-vis des mammifères, oiseaux, poissons, et micro-formes aquatiques. Aujourd'hui encore la lutte continue.

L'aventure d'un architecte philosophe :

Aujourd'hui la Grande Motte ne serait rien sans son architecte Jean Balladur et sa vision des choses.
Laissons le nous présenter Sa ville :

« A la Grande Motte je me suis efforcé d'inscrire la ville dans son site (quais fréquentés le soir  orientés au soleil couchant, selon les vents dominants, les vues et les espaces verts), J'ai également dimensionné la longueur des quais, leur largeur et la hauteur des constructions dans un cahier des charges très strict. Il est indispensable que l'architecture une fois en place dessine un paysage et qu'une certaine unité de l'espace urbain soit réalisée (tissu urbain serré et pyramides au sud pour permettre aux arbres de pousser à l'abri des constructions, villas et jardins au nord à la faveur d'un micro climat, voie primaire de circulation à la limite de la zone d'embruns salés).
« Les estivants viennent dans le Midi-Languedocien pour se dorer au soleil. Une terrasse plus qu'une loggia leur,  donne la possibilité de vivre sous le ciel, chez eux comme sur la plage. Le gabarit pyramidal organise à chaque niveau d'étage, des retraits en terrasse qui prolongent le dedans du dehors comme un jardin dans une villa, prolongement d'autant plus précieux que l'immeuble se dresse sous un climat qui appelle à vivre au dehors plus souvent qu'ailleurs.
«  C'est vrai que les pyramides ne sont pas toutes les mêmes, et que certaines peuvent être plus belles que d'autres, ou du moins le paraître mais quoi, avez-vous jamais vu une ville faite entièrement des mêmes maisons. Une ville c'est, par excellence, la diversité. Tout simplement parce que c'est le reflet de la vie des hommes qui, eux, sont très différents les uns des autres. Précisément c'est la diversité des aménagements extérieurs qui fait que toutes ces pyramides ne sont pas tout à fait semblables les unes des autres. Et c'est ce qui en fait finalement l'agrément.
« Le site est fragile parce qu'il est plat. Il fallait donc « monter » pour que les estivants aient le bénéfice des vues mer  ou cimes des Cévennes, L'immeuble tour était la solution mais il se dresse sur le sol plat comme un défi, il brutalise la nature avec l'expression de la volonté de puissance de l'homme, Les silhouettes pyramidales émergent plus naturellement d'un sol plat, comme une image de collines absentes. A l'origine cela a beaucoup choqué et les promoteurs n'en voulaient pas. Maintenant on se rend compte qu'elles ne sont pas si inhumaines et qu'elles constituent, dans une région venteuse, des écrans remarquables ».


En avril 1974, Jean Balladur déclarait dans le journal de la Grande Motte :

«  J'ai souhaité que la Grande Motte soit un décor de fête, Le repos des vacances doit être une fête, parce que la joie et la gaieté sont à la source des « bonnes humeurs ». Je pense qu'un décor de fête est un décor inhabituel qui « libère » parce qu'il dépayse. C'est le sens des formes pyramidales assises au bord de la mer et des « résilles » qui les animent.

Catherine
et
Alexis

 

Rédacteur en chef depuis le début de l'aventure du journal, je suis plein de curiosité que j'aime vous faire partager.

Les tops et les "le Saviez-vous ?" sont mes articles les plus fréquents, mais il m'arrive d'écrire des articles sur un sujet précis.

 

2 commentaires

#1  - Alexis a dit :

J'aimerais juste apporter une petite précision car il me semble ne pas l'avoir dit. Le plus grand immeuble de la Grande Motte est la Grande pyramide. Au sommet vit un grand musicien célèbre (certainement plus célèbre que Kendji Girac) appelé Manitas de Plata.

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#2  - Dany a dit :

Hello,

Super, merci pour l'info

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