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J4-08 Découverte : Gustave Courbet

Rédigé par Alexis 2 commentaires

Gustave Courbet

Gustave Courbet est né le 10 Juin 1819 à Ornans, près de Besançon. C'est un peintre réaliste, peignant des tableaux de nature.

Courbet se forme en copiant les maîtres anciens italiens, espagnols ou flamands, comme en témoigne son Réveil de Saint Jerôme, réalisé d'après l’œuvre de Guerchin conservée au Musée du Louvre. 

En 1847, Il reçoit pour sa première commande la réalisation d'un Saint Nicolas pour l'égise de Saules, village des environs d'Ornans. Plus tard, à la demande de sa sœur Juliette il esquisse un Jésus au calice qui devait orner la fête-Dieu à Ornans. Ces trois peintures font parties des rares œuvres religieuses de Courbet conservées aujourd'hui.

Pirate prisonnier du dey d'Alger.

Cette peinture s'inscrit dans la mouvance romantique qui domine alors le scène artistique avec Delacroix pour chef de file et l'Orient pour thème de prédilection. Œuvre maîtrisée elle est pourtant refusée au Salon de 1846. Courbet l'expose néanmoins lors de ses deux expositions personnelles en 1855 et 1867, preuve qu'il lui porte un intérêt certain. 

Une papeterie à Ornans.

Cette peinture témoigne du passé pré industriel de la vallée de la Loue qui compte de nombreux moulins, permettant la fabrication d'huile,de farine,de papiers, de clous … Les quelques figures humaines semblent littéralement absorbés par le paysage. Les frondaisons et les herbes peintes à l'aide du couteau témoignent une exécution vigoureuse.

La villageoise au chevreau

Courbet appelait également ce tableau la petite bacchante. Peint dans son atelier d'Ornans, Il fait partie des 135 œuvres qu'il montre lors de sa grande exposition privée au pont de l'Alma en 1867.

Portrait de Gustave Courbet

Partisan d'un réalisme socialiste, le sculpteur Leboeuf rencontre Courbet à Paris où il s'installe vers 1845. Ce relief montre le maître peintre d'Ornans en infatigable promeneur, avec sa canne, chapeau à la main et pipe en poche. Selon les mots d'Etienne Baudry, ami saintongeais du peintre, « Il donne de Courbet un image ressemblante, vraie et vivante.

Une petite phrase de notre artiste.

« Il faudra que l'on dise de moi, celui-là n’a jamais appartenu à aucune école, à aucune église
   à aucune institution, à aucune académie surtout à aucun régime si ce n'est le régime de la liberté. »

                                                                                       Gustave Courbet, 3 juin 1870, Paris

Le renard pris au piège

1 Courbet a représenté la neige en utilisant du blanc, mais aussi des teintes beaucoup plus sombres  telles que le bleu ou le noir, comme le feront les impressionnistes.

2 Grâce au couteau à peindre qu'il utilise largement et d'une manière nouvelle, Courbet peint en pleine pâte et arrive à rendre les effets picturaux encore plus réels, « lisses comme une glace et brillants comme un émail » selon les mots du critique Castagnary

3 Le contraste entre le pelage roux de l'animal et la blancheur éclatante de la neige fait ressortir l'aspect dramatique de la scène

4 Dans une composition de cadrage serré, le regard du spectateur est aussi pris au piège.

La plage d'Etretat.

De mémoire, se souvenant des paysages qu'il avait observé en Normandie, Courbetpeint des marines alors qu'il est hospitalisé à Neuilly. Nostalgique, il compose des « paysages de mer », semblables à ceux qu'il réalisait en nombre durant ses séjours sur les côtes normandes. Ici, Courbet évoque les fameuses falaises d'Etretat.

Le château Chillon

Le château chillon (Suisse) appartient à l'imagerie romantique et inspira aussi Lord Byron et Delacroix. Il est déjà à cette époque un lieu d'attraction touristique ce qui explique la grande série de peinture qu'en fait Courbet, pour des raisons commerciales essentiellement.
Ces tableaux financeront ses dettes après sa condamnation à payer la reconstruction de la colonne Vendôme.

La colonne Vendôme

Lors de l'insurrection de la Commune de Paris, Gustave Courbet adresse une pétition au gouvernement de défense nationale demandant « à déboulonner la colonne, ou qu'il veuille bien lui-même en prendre l'initiative, en chargeant de ce soin l'administration du Musée d'artillerie, et en faisant transporter les matériaux à l'Hôtel de la Monnaie ». Il n'a en fait que l'intention de la faire reconstruire aux Invalides :
« La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique - La colonne Vendôme sera démolie. »
Le 16 Mai 1876, la colonne est abattue, non sans difficulté. Les plaques de bronze sont récupérées.

Après la chute de la Commune, le nouveau président de la République, le maréchal de Mac-Mahon décide en mai 1873, de faire reconstruire la Colonne Vendôme aux frais de Gustave Courbet (soit plus de 323 000 francs selon le devis établi). Gustave Courbet obtient de payer près de 10 000 francs par an pendant 33 ans, mais meurt avant d'avoir payé la première traite.

Autoportrait à Sainte Pélagie

1 Influencé par l'art de Rembrandt et son utilisation de la lumière, Courbet utilise ici un clair obscur qui accentue le contraste entre l'intérieur, dans lequel l'artiste est confiné, et l'extérieur, baigné de lumière.

2 Seul le foulard rouge noué autour du cou du peintre attire l'attention, rappelant son engagement dans le mouvement de la Commune, cause de son incarcération à la prison de Sainte Pélagie.

3 Nostalgique, il s'offre ici au regard du spectateur dans une pose dénuée de tout artifice. Songeur, fumant sa pipe, son regard se pose sur la cour de la prison.

Et maintenant, l'ultime chef d’œuvre, je ne sais pas si je peux vous le montrer, mais … si vous voulez le voir, faites une recherche … Il pourrait choquer les plus jeunes …

Le premier propriétaire de L'Origine du monde, et certainement son commanditaire, fut le diplomate turco-égyptien Khalil-Bey (1831-1879). Figure flamboyante du Tout-Paris des années 1860, il rassemble une éphémère mais éblouissante collection, dédiée à la célébration du corps féminin, avant d'être ruiné par ses dettes de jeux. Par la suite, le destin précis du tableau reste mal connu. Jusqu'à son entrée au musée d'Orsay en 1995, L'Origine du monde, qui faisait alors partie de la collection du psychanalyste Jacques Lacan, représente le paradoxe d'une oeuvre célèbre, mais peu vue.

Courbet n'a cessé de revisiter le nu féminin, parfois dans une veine franchement libertine. Mais avec L'Origine du monde, il s'autorise une audace et une franchise qui donnent au tableau son pouvoir de fascination. La description quasi anatomique d'un sexe féminin n'est atténuée par aucun artifice historique ou littéraire. Grâce à la grande virtuosité de Courbet, au raffinement d'une gamme colorée ambrée, L'Origine du monde échappe cependant au statut d'image pornographique. La franchise et l'audace de ce nouveau langage n'excluent pas un lien avec la tradition : ainsi, la touche ample et sensuelle et l'utilisation de la couleur rappelle la peinture vénitienne, et Courbet lui-même se réclamait de Titien et Véronèse, de Corrège, et de la tradition d'une peinture charnelle et lyrique.

L'Origine du monde, désormais présenté sans aucun cache, retrouve sa juste place dans l'histoire de la peinture moderne. Mais il ne cesse pourtant de poser d'une façon troublante la question du regard.

 

Rédacteur en chef depuis le début de l'aventure du journal, je suis plein de curiosité que j'aime vous faire partager.

Les tops et les "le Saviez-vous ?" sont mes articles les plus fréquents, mais il m'arrive d'écrire des articles sur un sujet précis.

 

2 commentaires

#1  - Loulou a dit :

J'aimerais avoir informations sur un article que je possède dont je crois y retrouvee la signature g courbet au centre de l'image.

Cet encadrement semble assez ancien je l'ai reçu suite au décès de la propriétaire.

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#2  - Noé a dit :

Vous pouvez nous demander par mail (via Contact) en nous envoyant l'image, peut-être...
Nous essayerons de vous répondre, mais nous ne sommes pas experts en G. Courbet !!😅

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