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B@B #12 - Drame de Heysel : un carnage en terrain connu

Rédigé par Alexis 1 commentaire

Drame du Heysel, un carnage en terrain connu.

(Attention aux plus jeunes d'entre vous!)

 

454 blessés, 39 morts. C'est le sombre bilan qui est survenu ce soir du 29 mai 1985, à Bruxelles, en Belgique. C'était une affiche à ne pas rater, Liverpool contre La Juventus de Turin. Liverpool était la première équipe d'Europe, et La Juventus avait dans ses joueurs le très célèbre Michel Platini, alors double ballon d'or et champion d'Europe des Nations. Plus tôt dans l'année, en janvier, Liverpool a perdu le match aller de la supercoupe d'Europe à Turin, s'inclinant 2-0 contre la Juventus. Faute de place dans l'emploi du temps de Liverpool, le match retour est prévu après la finale du Heysel.

L'année précédente, coïncidence, la finale entre Liverpool et l'AS Roma avait eu lieu au Stadio Olympico de Rome, Liverpool remportant le titre après la séance de tirs au but.

Après le match, des bandes de supporters de la Roma avaient assailli ceux de Liverpool, les obligeant à rebrousser chemin jusqu'à leurs hôtels. Beaucoup de fans avaient été attaqués, battus et blessés. La presse romaine scandalisée titra que ce n'était pas seulement une réaction à la suite de la défaite, mais que les fans de la Roma avaient apporté des armes dans leurs voitures avant le match, en vue de les utiliser après le coup de sifflet final.

À l'époque, des hypothèses prévoyaient qu'après les événements de Rome en 1984, les hooligans (supporters) anglais mettraient de côté leurs rivalités lors de la finale de 1985 et chercheraient à prendre leur revanche. Des rumeurs existaient selon lesquelles beaucoup des groupuscules (regroupement d'un petit nombre de personnes) les plus célèbres d'Angleterre seraient là-bas : les MIGS de Luton, les Bushwackers de Millwall, les ICF de West Ham et les Gremlins de Newcastle.


 


 


 


 


 

 

La tribune des fans des Reds est séparée du fameux bloc Z par un no man's land d'une quinzaine de mètres. Vers 19 h 10, plus d'une heure avant le début programmé de la rencontre, la tension entre supporters des deux clubs monte d'un cran, se traduisant d'abord par des insultes et des jets d'objets divers. Liverpool brûle le drapeau Italien. Des fans de l'équipe anglaise chargent en direction des gradins du bloc Z, qui devaient être occupés par des Belges neutres mais où se trouvent de nombreux tifosi italiens. Quelques gendarmes postés dans un couloir de séparation entre les deux groupes sont rapidement débordés. L'essentiel des forces de l'ordre belges se trouve alors à l'extérieur du stade, mais les incidents furent insignifiants en ville.

 

 

19:10 : Des centaines d'Anglais détruisent la simple barrière entre Liverpool et la tribune Z (voir ci-dessus). Une énorme bousculade se déclenche, et les supporters du bloc Z se font rapidement piétiner. Pour s'enfuir, on tente tout. On va même jusquà sauter du haut du stade, pour tomber dans des cartons qui amortissent la chute. Les premiers à sauter ont de la chance, et sont sains et saufs, mais les suivants, vont eux aussi se faire piétiner. En effet, lorsqu'une personne sautait, une autre sautait immédiatement après, le laissant pas le temps à la précédente de partir. Au final, le bilan est lourd : 39 morts au total dont 32 Italiens, 4 Belges, 2 Français et un Irlandais.

Vers 21 h 30, les capitaines des deux formations lancent un appel au calme. Quelques minutes plus tard, les deux équipes entrent sur le terrain. Selon l'UEFA, un report du match aurait risqué de raviver la violence. La Juventus l'emportera sur le score d'un but à zéro, marqué par Michel Platini sur penalty accordé pour une faute commise de Gary Gillespie sur Zbiniew Boniek près d'un mètre au-dehors de la surface de réparation.

À la fin du match, les joueurs de la Juventus font un tour d'honneur que ne comprennent pas les tifosi. En fait, ils agissent à la demande de la police belge qui utilise ce laps de temps pour évacuer rapidement les supporteurs anglais. La coupe sera remise au club italien en privé, dans un couloir du vestiaire.

 

Au final, tous les clubs de supporters anglais seront interdits de match pendant cinq ans.

 

 

 

 

 

J'aimerais maintenant faire un hommage aux victimes (âge des victimes entre parenthèses) :

  • Rocco Acerra (29)

  • Bruno Balli (50)

  • Alfons Bos (35)

  • Giancarlo Bruschera (21)

  • Andrea Casula (11)

  • Giovanni Casula (44)

  • Nino Cerrullo (24)

  • Willy Chielens (41)

  • Giuseppina Conti (17)

  • Dirk Daenicky (38)

  • Dionisio Fabbro (51)

  • Jaques Francois (45)

  • Eugenio Gagliano (35)

  • Francesco Galli (25)

  • Giancarlo Gonnelli (20)

  • Alberto Guarini (21)

  • Giavacchino Landinni (50)

  • Roberto Lorentini (31)

  • Barbara in Margiotta Lusci (58)

  • Franco Martelli (46)

  • Loris Massore (28)

  • Gianni Mastroiaca (20)

  • Sergio Bastino Mazzino (38)

  • Luciano Rocco Papaluca (38)

  • Luigi Pidone (31)

  • Benito Pistolato (50)

  • Patrick Radcliff (38)

  • Domenico Ragazzi (44)

  • Antonio Ragnanese (29)

  • Claude Robert (27)

  • Mario Ronchi (43)

  • Domencio Russo (28)

  • Tarcisio Salvi (49)

  • Gianfranco Sarto (47)

  • Mario Spanu (41)

  • Amedeo Giuseppe Spolaore (55)

  • Tarcisio Venturin (23)

  • Jean Michel Walla (32)

  • Claudio Zavaroni (28)

 

 

Rédacteur en chef depuis le début de l'aventure du journal, je suis plein de curiosité que j'aime vous faire partager.

Les tops et les "le Saviez-vous ?" sont mes articles les plus fréquents, mais il m'arrive d'écrire des articles sur un sujet précis.

 

1 commentaire

#1  - Pakô a dit :

quand la bêtise s'associe au fanatisme...

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